Et si les conditions devenaient idéales ? Croissance, inflation et marchés s'alignent

Yannik Zufferey, PhD - Chief Investment Officer, Core Business
Yannik Zufferey, PhD
Chief Investment Officer, Core Business
LOIM Core investment teams -
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 Et si les conditions devenaient idéales ? Croissance, inflation et marchés s'alignent

points clés.

  • Les marchés ont déjoué deux prévisions largement répandues en 2026 : d’une part, les actions liées à l’IA sont devenues moins chères malgré la hausse des prix et, d’autre part, le choc pétrolier n’a pas déclenché de stagflation
  • Au contraire, l’économie mondiale présente des caractéristiques plus favorables, avec une croissance plus solide, des pressions inflationnistes moins fréquentes et l’apparition des premiers signes indiquant que la croissance des bénéfices générée par l’IA pourrait s’étendre à l’ensemble des secteurs
  • Pour les investisseurs, la hausse des rendements réels et la réduction de l’écart entre la performance attendue des obligations et celle des actions appellent à une plus grande sélectivité qu’au début du cycle.

Le premier semestre 2026 a remis en question deux convictions majeures des investisseurs : premièrement, que la hausse des dépenses d’investissement consacrées à l’intelligence artificielle (IA) provoquerait une correction des marchés et, deuxièmement, que le choc pétrolier déclencherait un scénario de stagflation. A ce jour, ni l’une ni l’autre ne s’est matérialisée. En réalité, les pressions inflationnistes ont cessé de s’accélérer, la croissance s’est renforcée et des premiers indices suggèrent un élargissement des performances au-delà du secteur technologique.

La hausse des taux à long terme reste un risque majeur, qui a des implications tant pour les gouvernements que pour les valorisations. L’IA reste quant à elle le principal moteur de la croissance des bénéfices. Toutefois, si les retombées des investissements dans l’IA commencent à soutenir plus largement les bénéfices, comme les cours actuels le suggèrent, les valorisations pourraient évoluer de façon plus équilibrée entre les différents secteurs au second semestre.

Les conditions économiques semblent donc se diriger vers le scénario idéal : une croissance plus solide, des pressions inflationnistes moins fréquentes et l’apparition des premiers signes d’élargissement des performances. La principale contrainte réside désormais dans le coût du capital. Les obligations étant de nouveau aussi performantes que les actions, les opportunités deviennent plus attractives, mais également plus exigeantes, pour les investisseurs.

En savoir plus : Croissance et inflation en hausse : dans toutes les classes d’actifs, l’appétit pour le risque prévaut

Facteurs de soutien au momentum

Les perturbations persistantes qui ont affecté le détroit d’Ormuz ont incité les investisseurs à conserver un biais stagflationniste. Toutefois, la hausse des cours du pétrole (qui ont gagné 80% depuis le début de l’année) a été compensée par deux facteurs significatifs : un ralentissement de la croissance des salaires et une augmentation de la productivité, cette dernière étant partiellement attribuable à l’IA. Parallèlement, des événements tels que la baisse des taux directeurs instaurée par les banques centrales l’année dernière ont favorisé la croissance, tout d’abord aux Etats-Unis puis à l’échelle mondiale (à l’exception de la Chine), comme l’illustre la figure 1.

Globalement, la part des données mondiales suggérant une amplification des pressions inflationnistes a diminué de 12% (voir figure 1). Le Japon, la Suisse et le Royaume-Uni font encore exception, avec une hausse respective de 3%, 5% et 5%, maintenant la stagflation au centre des préoccupations des investisseurs. Néanmoins, un scénario idéal se dessine de plus en plus nettement dans les données, soutenant le momentum.

FIGURE 1. Variation du pourcentage de bonnes nouvelles en termes de croissance et évolution de l’ampleur des pressions inflationnistes depuis décembre 20251

A terme, l’IA devrait alimenter un élargissement de la croissance

Tirés par l’IA, les bénéfices du secteur technologique mondial ont progressé d’environ 45% depuis janvier 2025, surpassant ainsi la croissance d’environ 15% observée dans les secteurs mondiaux de l’industrie et de la consommation (voir figure 2). Cependant, les signaux de tendance montrent que le momentum des cours des indices non technologiques est actuellement supérieur à celui des indices technologiques. Cela suggère que les avantages liés à l’IA commencent à s’élargir, à commencer par le secteur industriel.

La saison de publication des résultats du troisième trimestre devra confirmer cette évolution des cours. La question n’est plus de savoir si l’IA peut continuer à stimuler la croissance des bénéfices, mais si ses effets, en termes de productivité et d’investissement, commencent à doper les bénéfices dans d’autres secteurs. Nous pensons que c’est effectivement le cas.

FIGURE 2. Croissance des bénéfices et signaux de tendance pour les indices liés à la technologie et autres indices2

Réévaluation de l’éventail mondial des opportunités offertes par les profils de rentabilité/risque

Comme nous l’avons souligné à maintes reprises, les rendements à long terme ont augmenté sur l’ensemble des marchés. Cette hausse ne résulte pas de l’inflation, mais de la normalisation des taux réels et, de plus en plus, de la reconstitution des primes de terme (voir figure 3). L’émission d’obligations par les entreprises et les gouvernements exerce une pression accrue, car elle décuple les capitaux devant être absorbés par les marchés obligataires.

Le portage obligataire a progressé à tel point que la frontière efficiente est désormais quasiment plate : des actifs dont les niveaux de risque sont nettement différents (obligations et actions) présentent une performance attendue globalement similaire (voir figure 3). Dans ces conditions, les investisseurs à long terme ont maintenant plus de raisons de verrouiller les rendements offerts par la duration des obligations libellées en dollar et en euro. En outre, cela ouvre la voie à une performance plus élevée et plus équilibrée au sein des portefeuilles diversifiés.

FIGURE 3. Dynamique de rentabilité/risque et rendement des titres à 10 ans aux Etats-Unis3

Notre positionnement parmi les actions, les obligations classiques, les obligations convertibles et les stratégies multi-actifs4

L’amélioration de la croissance, la dynamique persistante des bénéfices, ainsi que l’élargissement précoce de la croissance et des résultats au-delà du secteur technologique justifient une approche constructive. Nos équipes d’investissement surveillent l’exposition cyclique et le risque de taux potentiel. Parallèlement, les rendements réels augmentent et les obligations sont de nouveau aussi performantes que les actions, ce qui plaide en faveur d’une plus grande sélectivité qu’au début du cycle.

Multi-actifs – L’exposition aux marchés reste stable à environ 165%. Le positionnement reste équilibré, avec une légère surpondération des actions (environ 3%) dans les mandats assortis d’un indice de référence. Notre équipe All Roads reste constructive envers les actifs cycliques. Les valorisations des titres relevant de l’IA, l’inflation et la volatilité des taux demeurant des risques majeurs.

Obligations – Notre équipe Global Fixed Income est passée de sous-pondérée à neutre sur les obligations souveraines, mais reste surpondérée sur la dette des marchés émergents libellée en monnaie forte. Elle privilégie toujours les taux européens et britanniques aux dépens du dollar américain, ainsi que les titres du Trésor protégés contre l’inflation (Treasury Inflation Protected Securities, TIPS) aux dépens des bons du Trésor américain nominaux. Elle maintient une exposition neutre au crédit investment grade et au crédit à haut rendement, avec une préférence pour les Etats-Unis aux dépens de l’Europe dans la deuxième catégorie. Les anges déchus et les valeurs immobilières européennes font l’objet d’une attention particulière, tandis que la pondération des hyperscalers technologiques est plafonnée à celle du marché. Notre équipe Asia Fixed Income maintient une orientation positive en termes de duration et de crédit, privilégiant les titres à haut rendement d’Asie qui, comparés à ceux des Etats-Unis, offrent une plus grande probabilité de compression des écarts de rendement et un filet de sécurité attractif en la matière. La solidité des facteurs techniques, l’amélioration des fondamentaux et le renforcement des profils de crédit, avec des taux de défaillance proches de zéro, sont autant d’éléments favorables à la classe d’actifs.

Obligations convertibles – Notre équipe Global Convertible Bonds est positive envers les Etats-Unis, mais neutre en Europe et en Chine, avec une exposition sélective à l’IA au Japon et en Asie. Elle donne la priorité aux intérêts stratégiques, aux semi-conducteurs, au matériel et aux infrastructures d’IA, à la transition énergétique, à l’informatique haute performance, aux logiciels d’IA et à la cybersécurité. Elle est négative envers l’automobile, les aliments et boissons, ainsi que la consommation en Chine.

Actions – La forte croissance des bénéfices par action enregistrée en 2026 et l’amélioration du contexte géopolitique favorisent une reprise des actions. Notre équipe Global Equities est positive envers les technologies de l’information aux Etats-Unis et en Asie (notamment au Japon, en Corée et en Chine) et neutre envers le secteur industriel. Parallèlement, elle sous-pondère la consommation non essentielle et la consommation courante en Europe. Notre équipe Sustainable Equities conserve une exposition de qualité aux positions relevant de l’IA, tout en diversifiant son portefeuille grâce à certains groupes industriels et éditeurs de logiciels dont l’avantage concurrentiel ne dépend pas de l’IA. Elle conserve une position longue nette dans le secteur de la consommation non essentielle, aux dépens de celui de la consommation courante, avec une préférence pour la consommation digitale et les plateformes. Elle a renforcé ses positions dans les principales banques régionales. Notre équipe Asia Equities reste entièrement investie dans un large éventail de secteurs, préférant la technologie et les développeurs de technologies de plateforme à l’immobilier et aux services publics, notamment en Chine et en Corée. Elle renforce ses positions dans les compounders (entreprises de qualité réalisant une croissance supérieure à la moyenne sur le long terme) dans le secteur financier. Pour finir, notre équipe Swiss Equities est entièrement investie. Elle surpondère les secteurs de la santé, de l’industrie et des technologies de l’information, mais sous-pondère ceux des services de communication, de la consommation non essentielle, de la finance, de l’immobilier et des services publics.

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1 Sources : LOIM et Bloomberg. Au 29 mai 2025. Uniquement à titre indicatif.
2 Sources : LOIM et Bloomberg. Au 29 mai 2025. Uniquement à titre indicatif.
3 Sources : LOIM et Bloomberg. Au 29 mai 2025. Uniquement à titre indicatif.
4 Les positions et/ou les allocations peuvent changer.    

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