La guerre en Iran souligne les risques de notre dépendance aux combustibles fossiles
On estime que la guerre en Iran a interrompu un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole brut et en gaz naturel, entraînant une forte hausse des cours du pétrole et rappelant aux investisseurs à quel point les tensions géopolitiques peuvent rapidement ébranler les fondements du système énergétique mondial. Au-delà des gros titres et de la volatilité des marchés, cette crise révèle une fragilité plus profonde : l’économie mondiale reste fortement dépendante d’infrastructures de combustibles fossiles centralisées particulièrement vulnérables aux risques géopolitiques.
Pour les investisseurs soucieux de la durabilité, cela renforce une conviction fondamentale : la dépendance aux combustibles fossiles engendre des risques systémiques substantiels pour les économies, les entreprises et les portefeuilles. Chez Lombard Odier Investment Managers, nous adoptons une approche de l’atténuation du changement climatique axée sur la résilience et le contrôle des risques. Nos stratégies en actions TargetNetZero sont conçues pour résister aux chocs de marché à court terme tout en tirant parti de la dynamique à long terme de la transition énergétique.
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La résilience à court terme grâce à l’allocation et au bêta
En période de tension sur les marchés, les investisseurs ont plus de mal à rester alignés sur leurs objectifs à long terme. Assorties d’un faible tracking error, nos stratégies TargetNetZero contribuent à maintenir cet alignement. En limitant les écarts par rapport au risque lié à l’indice de référence, la stratégie est conçue pour absorber les chocs tels que l’actuelle volatilité née des cours du pétrole, d’autant plus que les fluctuations de l’or noir affectent différemment les régions en fonction de leur production, de leurs réserves et de leur profil de consommation.
Nos allocations régionales, tant sur les marchés développés qu’émergents, reflètent l’exposition de l’indice de référence. Sont inclus l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie sur les marchés développés, ainsi que la Chine, l’Asie de l’Est, l’Inde, la région EMEA et l’Amérique latine sur les marchés émergents, contribuant à maintenir la stabilité en période de dispersion accrue.
« En limitant les écarts par rapport au risque lié à l’indice de référence, la stratégie, est conçue pour absorber les chocs tels que l’actuelle volatilité née des cours du pétrole. »
Le positionnement sectoriel reflète également l’hypothèse qu’une inflation élevée pourrait conduire les banques centrales à maintenir ou relever leurs taux d’intérêt. Grâce à notre modèle interne de gestion des risques et à notre processus d’optimisation des portefeuilles, nous ajustons avec précision notre exposition aux secteurs les plus sensibles aux variations de taux. Notre pondération des financières reste semblable à celle de l’indice de référence, avec notamment une allocation équilibrée entre assureurs et banques. Dans les autres secteurs, nous exerçons un contrôle strict et maintenons les pondérations actives dans une fourchette de +/- 2%.
FIGURE 1. Pondérations actives des stratégies en actions TargetNetZero, par secteur1
Pour finir, nous veillons à ce que la stratégie n’amplifie pas les baisses de marché. Avec un bêta d’environ 1, nos stratégies TargetNetZero ne sont ni plus défensives ni plus cycliques que l’indice de référence. C’est un choix délibéré qui favorise la solidité en période d’incertitude.
Modélisation des conséquences d’un choc pétrolier
Pour comprendre les éventuelles répercussions de la crise actuelle sur les performances des investisseurs, nous examinons divers scénarios à court, moyen et long terme, chacun offrant un éclairage différent sur la manière dont la résilience des marchés et les dynamiques de transition pourraient évoluer.
Scénario à court terme : choc pétrolier et repli des actions. Au cours des six prochains mois, dans un scénario semblable à celui de 2022, avec une flambée du prix du Brent de USD 932 à environ USD 130 le baril, l’histoire suggère que le secteur de l’énergie pourrait connaître une forte hausse. Le bêta représentatif du secteur de l’énergie par rapport au Brent laisse présager une surperformance qui pourrait atteindre 22%3, hors variations non linéaires de la demande. Pour les stratégies TargetNetZero, qui sous-pondèrent ce secteur d’environ 1,5%, cela limiterait l’incidence sur la performance relative potentielle à environ 35 points de base dans l’ensemble de la gamme. A titre de comparaison, les approches à faibles émissions de carbone, telles que les indices de référence « Accord de Paris », présenteraient une sous-pondération beaucoup plus importante de l’énergie, entraînant une sous-performance plus marquée4.
Hormis ces éléments, nous ne prévoyons pas de répercussions plus larges. Les risques régionaux restent largement neutralisés (grâce à une allocation alignée sur l’indice de référence) et le bêta de la stratégie, proche de 1, limite sa sensibilité aux corrections boursières généralisées.
Implications en matière d’investissement : un frein modéré et bien défini à la performance, mais sans vulnérabilité structurelle.
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Scénario à moyen terme : hausse des taux, ralentissement de la croissance et obstacles liés à la transition. Si les prix du pétrole demeurent élevés au cours des deux prochaines années, les pressions inflationnistes risquent de perdurer, poussant les banques centrales à maintenir une politique monétaire restrictive ou à relever davantage leurs taux. Dans ce contexte, une gestion rigoureuse de l’exposition aux financières mondiales devient essentielle. Les mécanismes de protection intégrés à notre processus de construction de portefeuilles au début 2022 (notamment ceux qui équilibrent l’allocation entre les assureurs et les banques) continuent à protéger la stratégie contre les rotations induites par les taux, caractéristiques des cycles de resserrement.
Les prix durablement élevés des combustibles fossiles pourraient également commencer à remodeler la dynamique concurrentielle. La gamme TargetNetZero privilégie les entreprises qui se décarboneront plus rapidement que leurs pairs et évite celles qui ont pris du retard. Ces entreprises sont déjà plus efficaces sur le plan énergétique, moins dépendantes des énergies fossiles et davantage tournées vers les énergies propres. A moyen terme, ces caractéristiques pourraient se traduire par une performance relative de plus en plus solide, l’avantage en termes de coûts des solutions à faibles émissions de carbone devenant plus marqué dans un contexte de hausse des cours du pétrole.
Implications en matière d’investissement : si les cours du pétrole se maintiennent à des niveaux élevés, les entreprises alignées sur la transition pourraient commencer à surperformer, à mesure de l’amélioration du profil économique de l’énergie propre.
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Scénario à long terme : soutenir la transition « net-zéro ». Au-delà des deux prochaines années, la guerre en Iran souligne une vérité fondamentale : les systèmes axés sur les combustibles fossiles sont intrinsèquement exposés aux risques géopolitiques. Ils peuvent subir des perturbations, des blocus ou faire l’objet d’une instrumentalisation à des fins politiques. Les énergies renouvelables, en revanche, sont plus décentralisées, plus sûres et plus résilientes.
A long terme, le prix durablement élevé des combustibles fossiles renforce l’argumentaire économique en faveur d’une accélération de la transition vers la décarbonation, car cela augmenterait les incitations financières facilitant une adoption rapide des technologies à faibles émissions de carbone.
La croissance économique et la consommation d’énergie sont étroitement liées. Nous pensons que les futurs besoins en énergie s’appuieront davantage sur les services publics privilégiant le renouvelable et moins sur l’énergie fossile. Pour cette raison, la stratégie TargetNetZero tend à surpondérer les services publics et à sous-pondérer l’énergie, se positionnant ainsi de façon à tirer parti de l’accélération de la transition.
Implications en matière d’investissement : une réorientation plus rapide vers un système énergétique privilégiant l’énergie renouvelable renforce le potentiel de surperformance durable des entreprises sobres en carbone.
La résilience aujourd’hui, les opportunités demain
La crise déclenchée par la guerre en Iran souligne une réalité des plus simples : si les chocs révèlent les vulnérabilités, ils laissent également entrevoir l’avenir. A court terme, ses répercussions sur nos stratégies sont maîtrisées et bien comprises, les principaux mécanismes de contrôle des risques contribuant à stabiliser la performance malgré la volatilité. A moyen terme, le prix durablement élevé des combustibles fossiles commence à réorienter l’équilibre économique en faveur des entreprises alignées sur la transition, qui sont plus sobres en carbone comme en énergie et sont mieux placées face à un système en mutation. A long terme, la transformation structurelle vers des réseaux énergétiques décentralisés, à faibles émissions de carbone et plus résilients semble de plus en plus évidente.
La gamme TargetNetZero est précisément conçue pour accompagner cette trajectoire. Elle est structurée pour préserver sa robustesse en période de tension tout en captant la dynamique durable de la transition à mesure qu’elle s’intensifie. Les perturbations actuelles renforcent la pertinence de cette approche : offrir une bonne résilience aujourd’hui tout en positionnant les portefeuilles pour des rendements potentiellement plus élevés et durables à mesure que se construit le système énergétique de demain.
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