Un potentiel haussier malgré les secousses
Quelle année ! Les actions mondiales ont non seulement poursuivi sur la lancée de 2024, mais ont aussi accéléré leur rythme. Cela étant, cette progression n’a pas été sans heurts. Le « Trump trade » de la fin de 2024 a rapidement perdu son élan avant de s’inverser, l’Europe et la Chine retrouvant la faveur des investisseurs. Donald Trump a ensuite imposé de nouveaux droits de douane qui ont complètement changé la donne, perturbant les anticipations en matière de croissance, d’inflation et de commerce, avant un retour de la stabilité au troisième trimestre à la faveur de négociations. Parallèlement, les tensions géopolitiques ont renforcé le climat d’incertitude. Malgré ces obstacles, les bénéfices des entreprises sont restés solides, soutenant les marchés actions.
Bien entendu, les progrès exponentiels de l’intelligence artificielle (IA) générative ont mobilisé l’attention des marchés en 2025, les décisions stratégiques d’acteurs majeurs tels que Nvidia, Microsoft, Google et Meta1 remodelant les chaînes de valeur. Si les marchés ont oscillé entre optimisme et doutes à l’égard de l’intelligence artificielle, la tendance est globalement restée positive.
Toutes ces dynamiques ont provoqué d’importantes rotations au niveau des régions, des secteurs et des styles d’investissement en 2025. Malgré les brusques fluctuations des marchés et la volatilité accrue, notre approche a fait preuve de résilience, surperformant l’indice de référence tout en maintenant un tracking error faible (voir figures 1-3). À noter également que notre stratégie TargetNetZero axée sur les marchés émergents, lancée au mois de juillet, a atteint les objectifs qu’elle s’était fixés.
Dans ces lignes, nous allons étudier la contribution de la composante « net-zéro » à la performance de nos stratégies l’an dernier, ainsi que les améliorations apportées à notre processus de construction de portefeuilles ont bénéficié aux investisseurs. Enfin, nous nous pencherons sur ce que 2026 pourrait nous réserver.
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FIGURE 1. Surperformance composite brute2 de la stratégie TargetNetZero Global par rapport à l’indice de référence3
FIGURE 2. Surperformance composite brute4 de la stratégie TargetNetZero Europe par rapport à l’indice de référence5
FIGURE 3. Surperformance composite brute6 de la stratégie TargetNetZero Global ex-CH par rapport à l’indice de référence7
Quelle a été la contribution du « net-zéro » ?
Chaque année, nous nous posons la même question : dans quelle mesure la composante « net-zéro » a-t-elle réellement contribué à la performance ? En d’autres termes, le fait de viser une température de portefeuille plus ambitieuse que celle de l’indice de référence commence-t-il à porter ses fruits, et une tendance claire se dessine-t-elle ?
Pour y répondre, nous avons eu recours à notre modèle interne d’attribution des performances, qui analyse les surperformances en fonction des contributions apportées par les différents éléments de base du portefeuille. Pour les stratégies TargetNetZero, les surperformances reposent sur quatre composantes clés : la composante « net-zéro », la réduction de l’empreinte carbone, les exclusions ESG et les principales améliorations apportées à notre processus de construction de portefeuilles (alpha et optimisation des dividendes).
Les figures 4 et 5 montrent la performance de la composante « net-zéro » des stratégies TargetNetZero Global et Europe depuis leur lancement, avec et sans le secteur de l’énergie. L’analyse des résultats hors énergie est particulièrement intéressante, car le secteur énergétique est extrêmement sensible aux facteurs macroéconomiques et géopolitiques, qui sont souvent les principaux moteurs de performance à court terme et ne dépendent pas des dynamiques liées à la transition climatique.
Dans l’ensemble, la tendance est positive et est même encore plus marquée pour les actions mondiales.
FIGURE 4. TNZ Global : contribution de la composante « net-zéro » à la performance8
FIGURE 5. TNZ Europe : contribution de la composante « net-zéro » à la performance9
Améliorations du portefeuille
En 2025, les stratégies TargetNetZero Global et Global ex-CH ont bénéficié d’améliorations supplémentaires grâce à l’ajout d’un overlay d’alpha systématique et à l’optimisation de la fiscalité des dividendes.
L’overlay d’alpha systématique renforce l’intégration de la thématique « net-zéro » en ciblant les opportunités de performance à court terme. Cette approche applique des biais de style à l’ensemble des actions, en s’appuyant sur les modèles momentum, macro et d’apprentissage automatique dans le cadre de contraintes de risque strictes. Elle ajoute un niveau de diversification supplémentaire au portefeuille et renforce sa résilience, tout en garantissant l’alignement avec les objectifs « net-zéro ».
Si tous ces signaux n’ont pas été payants en 2025, le momentum a été suffisamment solide pour garantir un résultat globalement positif (voir figure 6).
L’optimisation de la fiscalité des dividendes vise à réduire le montant des retenues à la source en ajustant de manière dynamique le portefeuille pour s’éloigner des actions dont le dividende est à venir. Cette stratégie a permis des économies proches de l’objectif de 0,1%. Cependant, elles ont été partiellement compensées par l’effet négatif sur la performance brute.
FIGURE 6. TNZ Global : contribution de l’alpha systématique à la performance10
Perspectives pour 2026
Le récent revirement des politiques climatiques américaines a freiné l’investissement durable cette année, notamment pour les stratégies à faibles émissions de dioxyde de carbone, où certains investisseurs redoutent une éventuelle saturation du thème climatique.
Nous sommes convaincus qu’il est préférable de privilégier une décarbonation réelle des portefeuilles plutôt que de se limiter aux entreprises dont les émissions sont faibles. En effet, cette approche restera une source de création de valeur inexploitée en 2026, quelle que soit l’évolution des politiques. Qui plus est, la dynamique est claire : le nombre de sociétés affichant des objectifs de décarbonation validés est en augmentation constante. Actuellement, plus de 80% des composantes de l’indice MSCI World ont fixé de tels objectifs, contre moins de 50% il y a seulement trois ans11.
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Sur le plan macroéconomique, la combinaison d’une croissance modérée et d’une politique monétaire moins restrictive crée des conditions relativement favorables aux actifs financiers. Néanmoins, l’année 2026 ne sera pas exempte de risques. Après deux ans de performances spectaculaires sur les marchés, les valorisations semblent élevées, notamment aux États-Unis et pour les titres liés au thème de l’IA. Si une bulle se formait, les premiers symptômes seraient des bénéfices inférieurs aux attentes. Ce n’est pas encore le cas, mais les marchés seront extrêmement sensibles à toute déception.
Les marchés émergents se distinguent par leur attractivité, soutenus par un dollar américain plus faible et par des valorisations convaincantes. Cette situation pourrait non seulement favoriser les actions des marchés émergents, mais aussi constituer un soutien pour les marchés développés, en maintenant un environnement global favorable à la prise de risque.
Comme lors des années précédentes, nous maintiendrons notre engagement à appliquer une philosophie d’investissement disciplinée et véritablement diversifiée pour la transition vers une économie neutre en carbone.
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