Alignement climatique et performance du marché
L’approche TargetNetZero a été conçue pour intégrer la décarbonation prospective dans les portefeuilles obligataires au moyen d’un cadre de transition libre de toute contrainte. En alignant les portefeuilles sur des objectifs climatiques tout en maintenant une exposition à la totalité de l’univers d’investissement, la stratégie repose sur un principe fondamental : la décarbonation ne s’obtient pas nécessairement aux dépens du potentiel de rendement.
Cinq ans après leur lancement, les stratégies TargetNetZero Global IG et TargetNetZero EUR Credit affichent des performances en ligne avec celles du marché, mais aussi une empreinte carbone largement inférieure à celle de leur indice de référence et une décarbonation plus rapide1. Pour ce faire, elles ont combiné l’alignement climatique avec une construction de portefeuilles diversifiée et une sélection de titres active.
Plutôt que d’exclure les secteurs difficiles à décarboner, comme le font de nombreuses approches bas carbone, la stratégie TargetNetZero mobilise l’outil propriétaire de hausse implicite de la température (Implied Temperature Rise, ou ITR) de LOIM afin d’identifier les émetteurs les mieux placés pour s’adapter à la transition et en tirer profit. Sur le marché obligataire, la stratégie vise à maintenir la température du portefeuille en deçà de 2 °C, tout en préservant son exposition aux moteurs de rendement traditionnels du crédit.
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La sélection de titres reste clé
Depuis 2021, les stratégies TargetNetZero Global IG et TargetNetZero EUR Credit ont démontré que les investisseurs pouvaient définir des objectifs de décarbonation tout en maintenant un profil de risque discipliné et en favorisant le potentiel de rendement. Sur un horizon de cinq ans, le tracking error de la stratégie Global IG était compris entre 1% et 1,5%, tandis que celui de la stratégie EUR Credit restait inférieur à 1%2. La stratégie Global IG a surperformé l’indice Bloomberg Barclays Global Aggregate Corporates de 0,25% (taux annualisé3), alors que la stratégie EUR Credit a surperformé l’indice ICE BofA 1–10 Year Euro Corporate (EUR) de 0,17% (taux annualisé4).
Figure 1. Performance brute agrégée de la stratégie TargetNetZero Global IG3 et performance brute agrégée de la stratégie TargetNetZero EUR Credit4 par rapport à l’indice de référence
Figure 2. Indicateurs de risque des stratégies TargetNetZero Global IG et EUR Credit5
Comment expliquer une telle performance ? Notre analyse d’attribution interne indique que la sélection de titres bottom-up a apporté la plus grande contribution aux rendements durant la période analysée.
Les portefeuilles sont construits selon un processus systématique (par pondération) et un processus actif (par le biais d’une sélection de crédits bottom-up). Notre équipe de recherche Crédit évalue constamment les émetteurs détenus par la stratégie et inclus dans l’ensemble de l’univers d’investissement, en privilégiant la préservation du capital.
Afin d’optimiser les rendements, nous exploitons les opportunités identifiées par l’analyse de crédit fondamentale et par notre équipe d’experts. Ce cadre de gestion active reste intact et n’est en aucun cas limité par le cadre climatique, ce qui souligne la robustesse de notre processus de recherche Crédit.
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Surtout, les allocations aux segments affichant une plus grande sobriété carbone et une température inférieure (mesures de durabilité « extra financières ») n’ont aucunement nui à la performance et n’ont pas créé de frein structurel sur les rendements. Au contraire, elles ont facilité une exposition diversifiée à des secteurs tels que l’énergie, les transports et les matériaux, qui restent indispensables à l’économie mondiale malgré leur empreinte carbone relativement élevée. Cela suggère que notre cadre climatique a contribué à atténuer les risques liés à la transition tout en préservant la diversification et en garantissant des performances équilibrées.
Une nette réduction des émissions de gaz à effet de serre
Comment le cadre TargetNetZero quantifie-t-il la décarbonation ? La stratégie vise non seulement à maintenir une empreinte carbone largement inférieure à celle de son indice de référence, mais aussi à se décarboner plus rapidement.
L’une des caractéristiques déterminantes de cette approche est une contrainte structurelle imposant la réduction de l’empreinte carbone du portefeuille (son ratio d’investissement carbone) par rapport à l’indice de référence. Cette contrainte est intégrée aux stratégies de crédit et a été systématiquement respectée au cours des cinq dernières années (voir figure 3).
Figure 3. Comparaison des ratios d’investissement carbone de la stratégie TargetNetZero Global IG et de la stratégie TargetNetZero EUR Credit par rapport à leurs indices de référence (2021-2026)6
Si le maintien d’une intensité carbone plus faible est une base importante, il ne permet pas à lui seul de conclure qu’une stratégie s’est décarbonée plus efficacement ou plus rapidement que son indice de référence. Pour déterminer si une décarbonation est « plus rapide », il ne suffit pas de simplement calculer le changement des émissions totales du portefeuille au fil du temps, car un tel changement peut être faussé par les variations de la couverture des données relatives aux émissions et par le rééquilibrage du portefeuille.
Les émissions du portefeuille peuvent parfois diminuer pour des raisons indépendantes des améliorations observées au sein des entreprises sous-jacentes. Par exemple, les obligations à courte échéance d’émetteurs à fortes émissions peuvent arriver à maturité et être retirées du portefeuille, tandis que les obligations à plus longue échéance d’émetteurs à plus faibles émissions y restent, ce qui réduit l’empreinte carbone du portefeuille alors que les émissions des entreprises sous-jacentes n’ont pas changé.
Notre analyse se concentre davantage sur la « véritable » décarbonation du portefeuille, à savoir une réduction des émissions résultant exclusivement de l’évolution des données des entreprises sous-jacentes, que nous épurons grâce à notre processus propriétaire, tout en excluant les effets du rééquilibrage et des variations des valorisations. A l’aide des émissions déclarées par les entreprises, nous calculons ces variations quotidiennement et les agrégeons dans le temps, en éliminant les distorsions ponctuelles telles que les acquisitions.
Pour des informations détaillées sur notre analyse de la décarbonation, veuillez lire l’article suivant : Course contre l’indice de référence pour décarboner les portefeuilles.
Comprendre les limitations des données sur la décarbonation
Il n’est pas si simple de mesurer la décarbonation. Les données sur les émissions sont fréquemment déclarées avec un certain décalage et peuvent être incomplètes, notamment pour le scope 3, qui représente généralement la plus grande partie de l’empreinte carbone d’une entreprise et repose encore majoritairement sur des estimations calculées à l’aide de méthodologies non standardisées. Si la qualité des données s’améliore, ces limitations imposent une interprétation prudente des résultats.
Les tendances des émissions peuvent également être affectées par les variations des données sous-jacentes. Les entreprises et les fournisseurs de données peuvent rétrospectivement mettre à jour, reformuler ou affiner leurs estimations historiques, ce qui peut lisser les trajectoires déclarées et donner l’impression d’une décarbonation plus rapide qu’elle ne l’est en réalité. En conséquence, certaines des améliorations observées peuvent refléter des changements méthodologiques plutôt qu’une véritable réduction des émissions. Notre cadre est conçu pour identifier les véritables progrès effectués par chaque émetteur vers la décarbonation, mais ne peut pas totalement éliminer ces effets.
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La stratégie EUR Credit en tête de la décarbonation
En vertu de ce cadre, les deux stratégies obligataires TargetNetZero ont atteint un objectif fondamental : se décarboner plus rapidement que leur indice de référence respectif (voir figure 4).
C’est la stratégie TargetNetZero EUR Credit qui a produit les meilleurs résultats. Entre 2021 et 2026, les émissions de son portefeuille ont diminué d’environ 7%, contre une réduction de 1,4% pour l’indice de référence7. Cet écart illustre combien il est efficace de combiner une sélection active des émetteurs et un cadre climatique prospectif fondé sur l’ITR, permettant d’obtenir une décarbonation mesurable tout en maintenant un univers d’investissement large et diversifié.
Figure 4. Décarbonation du portefeuille des stratégies TargetNetZero Global IG et TargetNetZero EUR Credit (2021-2026)8
Les trajectoires de décarbonation sont intrinsèquement régionales et sont peu susceptibles de progresser en tandem sur tous les marchés. Ainsi, la décarbonation plus rapide de la stratégie EUR Credit reflète l’avancement de la transition dans la région, où des cadres réglementaires plus solides, une transformation accélérée du système énergétique et une adoption plus précoce des technologies à faibles émissions de carbone ont contribué à une plus grande réduction des émissions parmi les émetteurs européens.
La stratégie Global IG a elle aussi enregistré des progrès tangibles, réduisant ses émissions de 5% sur cinq ans alors que son indice de référence est resté globalement stable7. Cet écart moins important s’explique par une exposition régionale plus large et par des dynamiques de marché spécifiques. A la suite du choc pétrolier de 2020, de nombreuses entreprises du secteur américain de l’énergie ont été rétrogradées et sont sorties de l’univers investment grade. Avec le redressement des cours du pétrole entre 2022 et 2024, plusieurs de ces émetteurs ont réintégré l’indice investment grade, augmentant ainsi le profil d’émissions de l’indice de référence, ou du moins ralentissant son taux de réduction. Dans ces conditions, la décarbonation relative s’est avérée plus difficile.
Globalement, cette décarbonation montre que, même dans un environnement de marché complexe et changeant, une approche disciplinée et tournée vers l’avenir permet d’obtenir une décarbonation réelle et mesurable sans compromettre l’intégrité de l’univers d’investissement et, surtout, sans affecter la performance.
Elargir l’éventail des stratégies obligataires TargetNetZero
Les actifs sous gestion de nos stratégies TargetNetZero ont dépassé USD 6,5 milliards9 et nous continuons à élargir cette gamme afin de répondre à l’évolution des besoins des investisseurs. En avril 2026, nous avons lancé la stratégie TargetNetZero Euro IG Short Duration, conçue pour les investisseurs recherchant une solution de crédit en euros à faible volatilité et à courte échéance.
Notre philosophie d’investissement ne change pas : identifier les entreprises présentant des trajectoires de décarbonation crédibles et ambitieuses, tout en maintenant l’alignement sur les dynamiques de transition de l’économie réelle.
La stratégie combine une sélection systématique des émetteurs et une gestion discrétionnaire de l’alpha, favorisant ainsi la résilience tout au long des cycles de marché. Ce nouveau produit complète nos stratégies obligataires TargetNetZero existantes, notamment Global IG et EUR Credit, ainsi que nos solutions d’obligations d’entreprise sur mesure sur les marchés en USD et en CHF. Au sein de la gamme TargetNetZero, ces stratégies ont pour point commun d’associer un investissement en crédit à forte conviction et un alignement sur la décarbonation, afin d’atteindre des objectifs aussi bien financiers que climatiques.
Un cadre à l’épreuve du temps
Au bout de cinq ans, le bilan est on ne peut plus clair. L’intégration d’indicateurs climatiques tels que le ratio d’investissement carbone et la hausse implicite de la température ne s’est pas faite aux dépens de la performance. Les rendements se sont maintenus et les portefeuilles sont restés pleinement alignés sur leurs objectifs « net-zéro ».
Pour les investisseurs professionnels, cela confirme globalement que l’investissement obligataire respectueux du climat n’a pas à être un compromis. Grâce à un cadre robuste, des recherches rigoureuses et une approche pragmatique, il peut devenir partie intégrante des efforts déployés pour la performance financière comme pour la durabilité.
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