De Paris au profit : la durabilité devient une stratégie économique

De Paris au profit : la durabilité devient une stratégie économique
John Kerry, coprésident exécutif de Galvanize et 68e secrétaire d’Etat américain, s'exprimant lors de TIS 2026

points clés.

  • La transition vers la durabilité repose désormais davantage sur la compétitivité des coûts, la sécurité énergétique et l’allocation des capitaux que sur les arbitrages politiques ou la perception des marchés
  • Le Transition Investment Summit, organisé chaque année par LOIM, a mis en évidence une transformation systémique, dans laquelle de nouveaux leviers de la demande redéfinissent la création de valeur
  • Pour les investisseurs, la durabilité peut constituer un cadre pour l’identification des surperformances à long terme dans tous les secteurs, au sein d’une économie mondiale en pleine mutation.

Comment les investisseurs doivent-ils envisager la durabilité en 2026 ?

La sixième édition du Transition Investment Summit (TIS), organisé chaque année par LOIM à Londres, s’est concentrée sur les moteurs économiques qui redessinent les systèmes de l’énergie et des matériaux ainsi que les systèmes sociaux à l’échelle mondiale. Ces évolutions s’accompagnent à la fois de défis et d’opportunités concrètes en matière de rendement. 

Parmi les intervenants de cette année figuraient l’ancien secrétaire d’Etat américain John Kerry, aujourd’hui coprésident exécutif de la société mondiale de gestion d’actifs Galvanize, et Mathieu Flamini, cofondateur et CEO de GFBiochemicals1 et ancien footballeur d’Arsenal. 

Les discussions ont mis en évidence un changement de paradigme : dix ans après l’Accord de Paris, la durabilité n’est plus appréhendée comme un enjeu politique ou de valeurs, mais comme une transformation structurelle, déterminée par la compétitivité des coûts, l’innovation technologique et l’allocation des capitaux.

Portés par des facteurs économiques, et non par le sentiment du marché

Le rythme du changement est désormais impossible à ignorer, a déclaré Bettina Ducat, coresponsable de LOIM, dans son introduction. L’inflation des prix de l’énergie, les perturbations de la chaîne d’approvisionnement et l’évolution de la dynamique géopolitique ont mis en évidence de profondes fragilités structurelles de l’économie mondiale.

« Il ne s’agit pas seulement d’une crise énergétique. C’est un test de résistance pour l’ensemble du système – un appel à une transition qui ne se fera pas dans le futur, mais qui commence dès maintenant », a-t-elle déclaré.

L’investissement durable offre un cadre permettant de faire face aux disruptions systémiques. C’est pourquoi il reste une conviction fondamentale chez LOIM, et pourquoi les stratégies de durabilité de la société ont continué d’évoluer en réponse au changement, a déclaré Bettina Ducat. 

Lire aussi : Pourquoi l’économie durable continue à avancer : nos perspectives pour 2026

Le marché démontre son pouvoir

Tout au long des sessions, les intervenants sont revenus sur le thème du stress systémique et de l’adaptation. La sécurité énergétique s’impose désormais comme un enjeu structurant, et le conflit iranien vient consolider les arguments économiques en faveur de la transition durable. Le débat a ainsi évolué, quittant les seules préoccupations environnementales pour intégrer des enjeux de coût, d’efficacité et d’autonomie énergétique.

Le marché démontre son pouvoir. Cette transition n’est pas dictée par des considérations politiques. Elle est motivée par la concurrence économique

John Kerry
Coprésident exécutif de Galvanize et 68e secrétaire d’Etat américain

Kerry a souligné que la forte baisse du coût des énergies renouvelables et le fait que les investissements dans les énergies propres dépassent désormais les montants destinés aux combustibles fossiles illustrent la manière dont les investisseurs réagissent aux signaux économiques. Les capitaux s’orientent vers des solutions moins coûteuses, plus efficaces et plus évolutives.

« Le marché démontre son pouvoir », a déclaré John Kerry. « Cette transition n’est pas dictée par des considérations politiques. Elle est motivée par la concurrence économique. »

L’ancien secrétaire d’Etat a notamment évoqué les petits réacteurs nucléaires modulaires et d’autres exemples de technologies émergentes susceptibles de combler le fossé entre la forte hausse de la demande énergétique et une offre limitée.

Selon Alex Grant, directeur adjoint, responsable pays pour le Royaume-Uni chez Equinor2 et intervenant au TIS, les impératifs de coût, les lacunes réglementaires et la sécurité d’approvisionnement continueront de soutenir les investissements dans les énergies traditionnelles, en parallèle des solutions de transition.

« L’objectif n’est pas simplement de réduire la consommation d’énergie à tout prix, mais de fournir à la société l’énergie dont elle a besoin en recourant à des modes de production de plus en plus décarbonés », a expliqué Grant.

Une transformation systémique

Selon Thomas Hohne-Sparborth, Head of Sustainable Investing chez LOIM, la durabilité passe fondamentalement par une surperformance économique, grâce à des solutions plus efficaces, plus productives et plus évolutives qui remplacent les systèmes traditionnels. Au niveau des portefeuilles, cela exige une approche intersectorielle de la transition, plutôt que des allocations thématiques cloisonnées. 

« Nous examinons chaque segment du marché et nous nous demandons : quels sont les points de friction ? », a ajouté M. Hohne-Sparborth. « Nous recherchons des défis de plus en plus grands et que nous pouvons résoudre, car ils ouvrent des opportunités et créent une demande de disruption sur les marchés adressables. »

Il a souligné la nécessité de saisir les opportunités qui se traduisent par de meilleurs résultats pour l’ensemble de l’économie, à moindre coût et de manière plus efficace. Selon lui, l’agenda de la durabilité s’est resserré ces dernières années, au détriment des dimensions sociales plus larges initialement intégrées dans des cadres tels que les objectifs de développement durable (ODD). Il est donc nécessaire de redonner toute leur importance à des domaines essentiels tels que la santé et l’inclusion financière.  

Justifier l’intérêt économique 

Jennifer Devine, directrice de Wiltshire Pension Fund, a souligné que les investissements orientés vers la durabilité devaient être appréhendés comme n’importe quel autre, reposant sur des critères de rentabilité financière et une évaluation rigoureuse des risques.  Elle a affirmé qu’une transition réussie génère de meilleurs résultats financiers à long terme. 

« Nous ne sommes pas ici en tant que philanthropes – nous sommes ici pour nous assurer que nous aurons l’argent nécessaire pour verser les retraites à l’avenir », a-t-elle ajouté.

Greg Jackson, fondateur et CEO d’Octopus Energy3, a souligné que la transition arrivait à un point de bascule décisif. Le défi consiste désormais à générer des bénéfices économiques tangibles suffisamment rapidement pour conserver le soutien du public et des responsables politiques. 

Jackson a rappelé la philosophie de Jeff Bezos chez Amazon4 pour souligner que cette transition finira par porter ses fruits en réduisant les coûts et en améliorant les résultats pour les consommateurs, car les modèles d’affaires les plus performants se concentrent sur l’accessibilité financière et l’efficacité.

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Rendre la transition plus tangible 

Mathieu Flamini a également souligné que pour accélérer la transition, il fallait en montrer la pertinence aux consommateurs sur le plan personnel. Il a rappelé la place prépondérante qu’occupent encore les produits chimiques d’origine fossile dans notre quotidien – des soins personnels à la production alimentaire – et leurs effets souvent néfastes. GFBiochemicals a mis au point des technologies de transformation des déchets agricoles en ingrédients biosourcés, ce qui permet aux grandes entreprises de s’affranchir des composés d’origine fossile, tout en réduisant la toxicité et en améliorant la durabilité. 
 loim/news/2026/may/TIS/TIS-LOIM_ArticleLOcomMathieu Flamini, cofondateur et CEO de GFBiochemicals et ancien footballeur de Premier League, lors d’une intervention au TIS 2026

Flamini a inscrit cette évolution dans le contexte d’une évolution industrielle plus large, en établissant des parallèles avec l’énergie solaire et les véhicules électriques, des secteurs où les gains en termes de coût et de performance ont stimulé leur adoption à grande échelle. 

Finalement, la sensibilisation est essentielle : en faisant de la transition une affaire personnelle et en démontrant ses avantages pour la santé et la qualité de vie, on peut faire évoluer les comportements des consommateurs, contribuant à en accélérer l’adoption dans tous les secteurs.

« Les gens ne se soucient peut-être pas de la durabilité, mais tout le monde se soucie de sa santé », a-t-il déclaré.

Un phénomène économique et industriel

Le TIS 2026 a mis en évidence la complexité de cette transition, qui touche l’ensemble du système et dépend des forces du marché, de l’innovation technologique et des réalités géopolitiques. L’évolution de la demande montre que celle-ci ne repose pas uniquement sur des objectifs de décarbonation, mais aussi sur les besoins en infrastructures de l’économie digitale elle-même.

Pour les investisseurs, le message est clair : la durabilité n’est plus une allocation de niche ni un choix fondé sur des valeurs. C’est un prisme essentiel pour comprendre les sources de rendement dans les décennies à venir. 

Dix ans après l’Accord de Paris, la transition vers la durabilité est désormais un phénomène fondamentalement économique et industriel. 

 « La réalité ne remet pas en cause la transition – elle la confirme », a conclu Bettina Ducat. 

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3 Toute référence à une société ou à une valeur mobilière spécifique ne constitue pas une recommandation d’achat, de vente, de détention ou d’investissement directement dans ladite société ou valeur mobilière.
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