Le seuil de taux d’intérêt négatifs en Suisse reste élevé

Markus Thöny - Head of Swiss Fixed Income
Markus Thöny
Head of Swiss Fixed Income
Philipp Burckhardt, CFA - Fixed Income Strategist and Senior Portfolio Manager
Philipp Burckhardt, CFA
Fixed Income Strategist and Senior Portfolio Manager
Le seuil de taux d’intérêt négatifs en Suisse reste élevé

points clés.

  • La Banque nationale suisse a maintenu ses taux d’intérêt en raison d’une légère amélioration des perspectives économiques de la Suisse.
  • L’inflation a chuté à 0% en novembre, restant donc inférieure au seuil fixé par la banque centrale, mais les pressions déflationnistes pourraient être atténuées par la dépréciation de la monnaie.
  • L’éventuelle persistance d’un différentiel de taux d’intérêt important avec la zone euro devrait peser sur le franc suisse à l’avenir. 

Pas de changement dans la politique monétaire de la Suisse

En dépit du ralentissement de la croissance économique, de la hausse du chômage et de la chute de l’inflation à 0%, la Banque nationale suisse (BNS) n’a pas souhaité assouplir davantage sa politique monétaire lors de sa réunion trimestrielle. Sa décision de maintenir les taux d’intérêt suggère que sa politique monétaire de 0% était déjà suffisamment expansionniste et indique par ailleurs que le seuil d’introduction de nouvelles baisses restera élevé.

En savoir plus : Perspectives 2026 : trouver un nouvel équilibre

Des risques inflationnistes persistants

Sachant que l’inflation avait déçu en novembre, passant à 0,0% contre 0,2% en août, la stabilité des prix était censée jouer un rôle central dans la dernière décision de politique monétaire de la BNS. Malgré un niveau nettement inférieur à son objectif, la banque centrale a voulu rassurer les observateurs en rappelant que le taux d’inflation était acceptable pour l’année 2025 et le resterait durant les deux années à venir, prévoyant 0,3% pour 2026 et 0,6% pour 2027.

Cependant, l’analyse des chiffres de l’inflation montre que les prix restent durablement bas et que les pressions baissières se généralisent. La figure 1 présente l’inflation des biens et des services, par type. En règle générale, l’inflation des biens est étroitement liée à la solidité du franc suisse. En conséquence, la déflation des biens est généralement considérée comme « importée » lorsque la monnaie s’apprécie rapidement, les biens importés devenant alors moins chers. A l’heure actuelle, toutefois, le secteur des services est également touché par la déflation, ce qui suggère que la baisse des prix ne se limite pas aux biens. La source de l’inflation confirme elle aussi cette notion de pressions déflationnistes à la fois importées et intérieures.

Globalement, les données révèlent un risque réel d’une inflation plus tenace que la prévision conditionnelle de la BNS ne le suggère, ce qui pourrait contraindre la banque centrale à adopter une politique plus décisive.

FIGURE 1. Décomposition de l’inflation suisse, par type et par source1

Perspectives extérieures meilleures que prévu

En revanche, les perspectives de croissance se sont améliorées malgré la contraction de l’économie suisse au troisième trimestre 2025. Ce recul du produit intérieur brut (PIB) a été attribué au secteur pharmaceutique, fragilisé par l’incertitude liée aux droits de douane américains. En novembre, le gouvernement suisse a signé avec les Etats-Unis un accord commercial fixant les droits de douane à 15%, bien en deçà des 39% initialement annoncés cet été.

Dans un contexte d’atténuation des inquiétudes nationales concernant le commerce, les droits de douane ne sont pas le frein à la croissance mondiale que beaucoup craignaient et les économies du monde entier s’avèrent plus résilientes que prévu. Certes, l’économie mondiale reste exposée à des risques substantiels, mais les perspectives de croissance extérieure se sont quelque peu améliorées, ce qui est jugé favorable à l’économie suisse. La BNS prévoit une légère amélioration au niveau national, avec un accroissement du PIB de près de 1,5% pour 2025. Pour 2026, elle s’attend à une croissance d’environ 1%. La banque centrale reconnaît toutefois qu’il est « probable que le chômage continue d’augmenter quelque peu ».

Un différentiel de taux d’intérêt attractif

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a récemment laissé entendre une éventuelle hausse des prévisions de croissance pour la zone euro, la performance du troisième trimestre ayant dépassé les attentes. Compte tenu de la résilience de l’économie européenne face à des tensions commerciales accrues, la BCE est moins susceptible de baisser davantage ses taux d’intérêt. Isabel Schnabel, membre du directoire, a même indiqué que la prochaine décision pourrait être une hausse.

Les taux d’intérêt de la BCE devant être maintenus à 2% ou plus, contre 0% en Suisse, le différentiel de taux devrait donc rester élevé par rapport aux niveaux historiques, comme le montre la figure 2. Cela devrait conférer une marge de manœuvre supplémentaire à la BNS, car le taux d’intérêt de la Suisse, nettement moins attractif, freine les flux entrants parmi les actifs suisses et atténue les pressions haussières sur le franc.

FIGURE 2. Différentiel de taux d’intérêt : zone euro / Suisse2

Tout au long de l’année, le franc suisse a connu des périodes de volatilité dues aux droits de douane. Il a atteint son niveau le plus élevé en dix ans face à l’euro en novembre, à la suite de l’accord commercial conclu avec les Etats-Unis. Cependant, cette appréciation n’a été que temporaire et la monnaie s’est globalement maintenue dans la zone de confort de la BNS. Cela étant, la banque centrale a réaffirmé qu’elle restait « disposée à être active si besoin sur le marché des changes » dans sa déclaration mensuelle.

Dans l’ensemble, la décision de politique monétaire prise ce trimestre n’a guère apporté de surprises. La BNS maintient son cap, qu’elle considère suffisamment expansionniste. Les signes de déflation ne suffisent pas encore à justifier de nouvelles mesures, d’autant plus que la récente dépréciation de la monnaie du pays atténue les pressions déflationnistes sur les importations et que les perspectives de croissance se sont améliorées. Le seuil des taux d’intérêt négatifs ne se profile pas encore.

Pour en savoir plus sur notre stratégie Swiss Franc Bonds, veuillez cliquer ici
afficher les sources.
+
[1] Sources : Office fédéral de la statistique (OFS) et LOIM. Données de novembre 2025. Uniquement à titre indicatif.
[2] Sources : LOIM et Bloomberg. Données de novembre 2025. Uniquement à titre indicatif.

informations importantes.

Réservé aux investisseurs professionnels.
Le présent document est une communication d’entreprise et est exclusivement destiné aux investisseurs professionnels. 
Le présent document est une communication d’entreprise exclusivement destinée aux investisseurs professionnels et ne constitue pas une communication de marketing relative à un fonds, à un produit d’investissement ou à des services d’investissement dans votre pays. Le présent document ne constitue en aucun cas un conseil en matière d’investissement, de fiscalité, de comptabilité, ni un conseil professionnel ou juridique.

En savoir plus.

nous contacter.

Veuillez entrer votre prénom.

Veuillez entrer votre nom de famille.

Veuillez entrer le nom de votre entreprise.

Veuillez saisir votre intitulé de poste.

Veuillez entrer une adresse email professionnelle valide.

Veuillez entrer votre message.


Vos informations seront utilisées conformément à notre politique de confidentialité.

Lombard Odier Fleuron