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Sur les marchés des actions et des obligations, des moteurs positifs font fi des craintes macroéconomiques liées à la guerre en Iran
Yannik Zufferey, PhD
Chief Investment Officer, Core Business
LOIM Core investment teams
points clés.
Des poches de résilience microéconomique compensent les craintes de conditions macroéconomiques défavorables créées par la guerre en Iran
L’inflation se limite au secteur de l’énergie, favorisant les marchés obligataires, déjà soutenus par la hausse des rendements réels. Parallèlement, les bénéfices globalement positifs des entreprises et les dépenses d’investissement consacrées à l’IA soutiennent les actions
Nos équipes d’investissement maintiennent la propension au risque au sein des portefeuilles, cherchant l’équilibre entre une croissance résiliente à court terme et des risques macroéconomiques naissants.
Les investisseurs sont actuellement confrontés à deux scénarios : d’une part, les répercussions macroéconomiques négatives de la guerre en Iran et, d’autre part, des conditions plus favorables que prévu grâce aux dépenses d’investissement liées à l’IA et à un marché de l’emploi supérieur aux attentes depuis trois mois aux Etats-Unis. Les performances des actions observées ces dernières semaines suggèrent que les perturbations de l’approvisionnement en pétrole sont largement négligées, une approche selon nous erronée. Les perspectives de croissance sont revues à la hausse pour la prochaine décennie, soutenues par des investissements privés massifs et par les effets attendus à long terme, notamment une plus grande productivité de la main-d’œuvre.
Dans ce contexte, nous sommes optimistes quant aux perspectives de bénéfices des entreprises, mais de façon sélective, car la reprise pour l’instant inégale pourrait s’élargir et porter les retardataires. Nous présentons ci-après trois raisons expliquant pourquoi les marchés tablent sur une croissance plus soutenue.
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Obligations : pressions inflationnistes limitées au secteur de l’énergie
Jusqu’à présent, selon notre indicateur de l’inflation mondiale en temps réel, les pressions inflationnistes nées du blocus du détroit d’Ormuz se sont cantonnées au secteur de l’énergie. Les marchés n’ont pas encore été confrontés au « mur de l’inflation » que l’on redoutait lorsque la guerre a éclaté. Toutefois, le risque d’élargissement pèse encore sur les taux et les obligations. La récente hausse des rendements réels reflète un niveau généralement associé à une inflation plus importante (à savoir des taux directeurs plus élevés) et s’accompagne d’une volatilité accrue (voir figure 1). Contrairement à ce que l’on a observé sur les marchés des actions, les investisseurs obligataires tablaient sur une politique plus restrictive de la part de la Réserve fédérale américaine (Fed) cette année, de sorte qu’ils ont été moins surpris par la solidité du rapport sur le marché de l’emploi américain publié début juin. La hausse des rendements réels décuplant l’attrait relatif des obligations, toute diminution de la volatilité pourrait offrir une opportunité intéressante jusqu’à la fin 2026.
FIGURE 1. Rendements réels / Volatilité réalisée des taux aux Etats-Unis1
Avant que le dernier rapport américain sur l’emploi ne provoque des ventes massives, les rendements des actions étaient largement concentrés sur le thème de l’investissement dans l’IA. Cependant, la récente saison de publication des résultats a révélé des surprises positives dans l’ensemble des secteurs, à l’échelle mondiale (voir figure 2). Les données microéconomiques suggèrent que les entreprises évoluent sur des bases solides, ce qui renforce les perspectives de rendements attrayants tant pour les actions que pour le crédit dans les mois à venir.
Une réévaluation plus large pourrait s’installer si les investisseurs abandonnaient l’actuel momentum trading, axé sur la croissance, au profit de secteurs de l’indice jusqu’à présent en retrait, comme les matériaux ou la consommation non essentielle. La levée du blocus du détroit d’Ormuz serait, à cet égard, un catalyseur puissant.
FIGURE 2. Surprises en matière de bénéfices des entreprises / Performance des actions par secteur2
Rendements des actions liées à l’IA probablement plus disparates
A l’exception du secteur des logiciels, les valeurs technologiques se sont globalement redressées depuis mars, sans distinction notable. Ces gains sont étayés par le scénario de croissance soutenue par l’IA, le « mur de dépenses d’investissement » alimentant une réévaluation rapide de la croissance de la demande.
Des dépenses de cette envergure (voir figure 3) incitent les marchés à immédiatement intégrer une demande avérée en semi-conducteurs et en matériel informatique, ainsi que des prévisions d’accélération de la croissance économique, les investissements d’aujourd’hui annonçant la productivité de demain. Au-delà de 2026, toutefois, les prévisions suggèrent une normalisation de cette tendance exponentielle, ce qui pourrait faire évoluer le scénario d’une « croissance généralisée » à une « croissance sélective ». Ces conditions entraîneraient une plus grande dispersion des performances dans le secteur technologique et contribueraient à un élargissement de la reprise du marché, nécessitant selon nous une approche plus active.
FIGURE 3. Progression attendue des dépenses d’investissement consacrées à l’IA3
Notre positionnement dans les différentes classes d’actifs
Globalement, le positionnement de nos équipes d’investissement long only reste axé sur la propension au risque, cherchant l’équilibre entre la dynamique de croissance à court terme (qui est résiliente) et l’évolution des bénéfices comme des risques macroéconomiques.
Multi-actifs.Si l’exposition globale aux marchés reste neutre à environ 150%, l’équipe All Roads a légèrement renforcé son exposition cyclique à hauteur de 42%, tout en préservant la diversification et la flexibilité grâce à des valeurs défensives et des positions de couverture du risque extrême à hauteur de 58% (rebasage à 100%).4
Obligations classiques. Notre équipe Global Fixed Income conserve un positionnement neutre, avec une sous-pondération des obligations souveraines et une surpondération de la dette émergente en monnaie forte. Elle privilégie les taux européens et britanniques aux dépens du dollar américain, préférant titres du Trésor protégés contre l’inflation (Treasury Inflation Protected Securities, TIPS) aux bons du Trésor américain nominaux. Dans le secteur du crédit, l’exposition aux obligations investment grade et à haut rendement est neutre, avec un biais sélectif. Notre équipe Asia Fixed Income privilégie les profils défensifs à haut rendement et à duration courte, ainsi qu’une allocation sélective aux pays offrant les opportunités les plus convaincantes. Le portefeuille surpondère l’Inde, les matières premières et les financières subordonnées et sous-pondère la Chine, la Corée du Sud, l’Indonésie et les pays d’Asie du Sud-Est.
Obligations convertibles. Le portefeuille est neutre aux Etats-Unis, au Japon et en Chine. Il sous-pondère l’Europe. Sur les marchés actions, les trois thématiques de forte conviction demeurent axées sur les intérêts nationaux stratégiques, les équipements liés à l’intelligence artificielle et la transition énergétique. L’équipe a toutefois pris ses bénéfices sur certains segments ayant fortement surperformé et se repositionne désormais sur les opportunités du cycle suivant, notamment dans les logiciels, la cybersécurité et les actifs à plus longue duration.
Actions. Notre équipe Global Equities privilégie toujours les thèmes de la croissance structurelle et de l’innovation, surpondérant la technologie aux Etats-Unis et en Asie, maintenant un positionnement neutre dans le secteur de l’industrie et sous-pondérant la consommation courante et non essentielle en Europe. L’équipe Sustainable Equities a adopté une exposition géographique plus équilibrée. Elle s’est également positionnée dans certains secteurs, notamment en surpondérant la technologie, les matériaux et les services publics, en maintenant un positionnement neutre dans les secteurs de la santé et des financières et en sous-pondérant la consommation et l’énergie. Notre équipe Swiss Equities a maintenu son exposition globale aux marchés, surpondérant la santé, les technologies de l’information et l’industrie tout en sous-pondérant les services de communication, la consommation non essentielle, les financières, l’immobilier et les services publics. Notre équipe Asia Equities maintient une conviction accrue envers les entreprises offrant une croissance exceptionnelle et stable, privilégiant les actions des secteurs de la technologie, de l’industrie diversifiée et de la consommation non essentielle aux dépens de l’immobilier et des services publics.
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1 LOIM et Bloomberg. Au 29 mai 2026. Uniquement à titre indicatif.
2 LOIM et Bloomberg. Au 29 mai 2026. Uniquement à titre indicatif.
3 LOIM et Bloomberg. Au 29 mai 2026. Uniquement à titre indicatif.
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