world in transition

    Investir dans le «zéro déchet»

    Investir dans le « zéro déchet »
    Thomas Höhne-Sparborth, PhD - Head of Sustainability Research

    Thomas Höhne-Sparborth, PhD

    Head of Sustainability Research
    Christopher Kaminker, PhD - Group Head of Sustainable Investment Research, Strategy & Stewardship

    Christopher Kaminker, PhD

    Group Head of Sustainable Investment Research, Strategy & Stewardship

    Nous vivons aujourd’hui dans une économie qui n’est pas du tout durable au vu des habitudes de consommation et de production ainsi que du style de vie de la population.

    Actuellement, nous vivons dans une économie linéaire, basée sur le modèle « prendre-utiliser-jeter », qui repose sur l’exploitation de grandes quantités de ressources naturelles. Ce mode de vie exerce une pression énorme sur le capital naturel, nous empêchant non seulement d’exploiter la capacité régénératrice de la nature, mais faisant également obstacle à la protection de la biodiversité de la nature. Autrement dit, nous passons à côté de nombreuses opportunités, telles que la valeur résiduelle que pourrait apporter la réutilisation des produits finis ou la valeur des composants et des matériaux contenus dans les déchets. Chez Lombard Odier, nous pensons que, dans le cadre de la transition nécessaire vers une économie CLIC™, acronyme anglais des termes Circular (circulaire), Lean (efficient), Inclusive (inclusif) et Clean (propre), l’analyse du défi que présente le « zéro déchet » peut nous aider à identifier les opportunités d’investissement dans de nombreuses industries.

    S’il est vrai que de nombreuses industries dépendent de la nature pour survivre, elles montrent aussi une certaine propension à la détruire. Nous devons investir dans un mode de production plus efficient permettant de produire davantage avec moins de ressources tout en identifiant le potentiel inexploité de la bioéconomie circulaire. Aujourd’hui, nos villes et nos industries regorgent de déchets. Chaque année, nous produisons plus de 2 milliards de tonnes de déchets municipaux, soit l’équivalent de plus de 7 500 bâtiments de la taille de l’Empire State Building. Dans certains pays, nous produisons chaque jour jusqu’à 4,5 kg de déchets par personne1. Environ 33 % des déchets que nous produisons sont simplement jetés dans la nature, en dehors des décharges, ce qui contribue à la pollution, aux risques sanitaires et à la perte de biodiversité2. En outre, les émissions de gaz à effet de serre générées lors des processus de décomposition et d’élimination représentent jusqu’à 5 % des émissions mondiales3.

    Ces flux de déchets représentent bien entendu un danger pour l’environnement,  mais ils constituent également une opportunité économique et d’investissement manquée.

     

    Matériaux et déchets : notre modèle économique nécessite de grandes quantités de matières premières

     

    Zero-waste_Materials-and-Waste_FR.png

    Source : Estimations et calculs LOIM basés sur les données du CICA, de la Banque mondiale et du rapport Global Resources Outlook

     

    Selon les projections actuelles, 160 milliards de tonnes de matériaux seront extraites de la planète d’ici 2040. Seuls 9 % de ces matériaux sont actuellement recyclés, compostés ou traités pour être réutilisés, les 91 % restants contribuent à l’épuisement progressif de nos ressources naturelles.  À l’échelle mondiale, la quantité de déchets devrait donc avoisiner les 3,4 milliards de tonnes à l’horizon 2050, ce qui signifie qu’ils augmentent deux fois plus vite que la croissance démographique. L’augmentation de la quantité de déchets s’explique par l’évolution démographique, par l’augmentation des revenus et par l’évolution des modes de consommation. Les régions responsables de la plus grande partie de l’augmentation prévue, telles que l’Asie du Sud et certaines régions d’Afrique, figurent également parmi les régions où les systèmes de gestion des déchets sont les moins développés, rendant les efforts de réduction des déchets encore plus urgents.

     

    Nos habitudes de production ne sont absolument pas durables

    Bientôt, nous extrairons l’équivalent du poids du Mont Everest chaque année, mais ne recyclerons que 9 % des matériaux extraits

     

    Mount_Everest_FR.png

    Source : Estimations et projections LOIM basées sur les données du rapport Global Resources Outlook 2019, du rapport Circularity Gap Report 2019 et de la Commission européenne

     

    Une grande partie de ces déchets conserve un potentiel économique important. Un camion à ordures rempli de vêtements est brûlé ou vidé dans une décharge chaque seconde, alors même que la plupart de ces vêtements ont peu été portés avant d’être jetés6. De même, quelque 54 millions de tonnes de déchets électroniques et électriques sont produites chaque année, à peine 17 % d’entre eux sont recyclés7. La valeur des matières premières dans ce flux de déchets non traités dépasse les 63 milliards d’USD et augmente d’année en année8.

     

     

    Matériaux et déchets : une opportunité manquée

    Le recyclage offre une opportunité environnementale et économique qui remet en question les modèles de production traditionnels

     

    Materials-and-waste_FR.png

    Source : Estimations LOIM, Global e-Sustainability Initiative, Dell, The Verge

     

    Alors que les améliorations en matière de gestion des déchets sont souvent considérées comme un coût net, la prise en compte des externalités négatives de la pollution, y compris la tarification du carbone, modifie radicalement l’équation financière de la gestion des déchets. 

     

    Opportunités d’investissement à saisir

    L’adoption du « zéro déchet » exige que des mesures soient prises à chaque étape de la chaîne de valeur d’un produit. Cela va de la remise en question de notre mode de consommation, en remplaçant les produits par des alternatives ou un service de qualité supérieure, à la limitation de l’utilisation des matières premières et à la prolongation de la durée de vie économique d’un produit, en passant par la mise en place de systèmes de collecte et de recyclage appropriés à la fin du cycle de vie d’un produit. Selon nous, l’adoption du « zéro déchet » offre de multiples possibilités d’investissement à saisir, parmi lesquelles :

     
    • Le commerce électronique et les marketplaces en ligne intègrent la possibilité de revendre des articles, en promouvant la capacité de réutiliser les produits et de prolonger leur durée de vie économique utile. La réutilisation des produits est un élément important dans la hiérarchie des stratégies visant à réduire les déchets et est préférable au recyclage. 

    • Les détaillants de produits dégriffés proposent des produits de saisons précédentes, excédentaires ou d’occasion, généralement à des prix réduits. Dans l’industrie de la mode, connue pour sa forte rotation des stocks et le gaspillage, ces détaillants peuvent augmenter le pourcentage de produits manufacturés qui sont vendus ou revendus.

    • Les services de réparation apparaissent à mesure que les appels en faveur de formes plus modulaires et réparables de produits de consommation ont abouti à la reconnaissance juridique du « droit à la réparation » dans certaines régions, comme dans l’UE. Les services offerts vont de la réparation domestique à des sociétés spécialisées dans la réparation et l’entretien d’équipements industriels ou dans l’entretien d’équipements produits par des fabricants partenaires. 

    • Des garanties de premier ordre sont offertes par certains fournisseurs de produits de consommation destinés à être plus durables. Ces produits à durée de vie plus longue permettent d’associer la marque à des produits de plus grande valeur et de meilleure qualité et s’opposent aux stratégies commerciales fondées sur l’obsolescence programmée et la rotation rapide des biens de consommation. 

    • Les concepts « déchets et recyclage » couvrent les étapes de la collecte, du recyclage et de la valorisation en fin de vie d’un produit pour traiter les déchets, quels qu’ils soient, qui ne peuvent être évités, en ayant recours à des produits plus intelligents ou en les réutilisant et en les réparant. Le recyclage assure une seconde vie économique aux composants individuels ou aux matériaux dont ils sont composés et maximise la valeur ajoutée de ces ressources naturelles.

     

    Notre économie doit amorcer la transition vers une économie CLIC™ (circulaire, efficiente, inclusive et propre). L’adoption d’une bioéconomie plus circulaire pourrait dégager des milliers de milliards de valeur inexploitée. Le capital naturel est un bien extraordinairement productif dont nous devons exploiter la puissance et préserver la capacité de régénération. En analysant l’exposition des modèles d’affaires à une économie en transition vers le « zéro déchet », nous pensons pouvoir identifier les entreprises les plus à même de surperformer et de libérer le potentiel de l’économie CLIC™, ainsi que de soutenir les efforts entrepris en faveur d’un monde plus durable. 

     

    sources.

    Banque mondiale (2017, date présumée). What a Waste 2.0: A global snapshot of solid waste management to 2050. Disponible sous : https://datatopics.worldbank.org/what-a-waste/trends_in_solid_waste_management.html
    2 Idem
    3 Idem
    4 Circle Economy (2019). The Circularity Gap Report: Closing the Circularity Gap in a 9% World. De Wit, M; Verstraeten-Jochemsen, J; Hoogzaad, J and Kubbinga, B. Disponible sous : https://docs.wixstatic.com/ugd/ad6e59_ba1e4d16c64f44fa94fbd8708eae8e34.pdf
    5 Banque mondiale (2017, date présumée). What a Waste 2.0: A global snapshot of solid waste management to 2050. Disponible sous : https://datatopics.worldbank.org/what-a-waste/trends_in_solid_waste_management.html
    6 Ellen MacArthur Foundation (2017). One garbage truck of textiles wasted every second: report creates vision for change. Disponible sous : https://www.ellenmacarthurfoundation.org/news/one-garbage-truck-of-textiles-wasted-every-second-report-creates-vision-for-change.
    7 E-Waste Monitor (2020). The Global E-waste Monitor 2020. Disponible sous : http://ewastemonitor.info/.
    8 Collins, Bryony (2019). Dell Eyes $63 billion E-Waste recycling opportunity: Q&A. BNEF. Disponible sous : https://about.bnef.com/blog/dell-eyes-63-billion-e-waste-recycling-opportunity-qa/

    Informations importantes.

    Le présent document a été émis par Lombard Odier Funds (Europe) S.A., société anonyme de droit luxembourgeois, dont le siège social est situé au 291, route d'Arlon, L-1150 Luxembourg. La société est autorisée et réglementée par la Commission de Surveillance du Secteur Financier (CSSF) en qualité de Société de gestion au sens de la Directive européenne 2009/65/CE (telle qu’amendée) et la Directive européenne 2011/61/UE sur les gestionnaires de fonds d’investissement alternatifs (Directive AIFM). Les objectifs de la Société de gestion sont la création, la promotion, l’administration, la gestion et le marketing d’OPCVM, de fonds d’investissement alternatifs (AIF), d’autres fonds réglementés, de véhicules de placement collectif ou d’autres véhicules luxembourgeois et étrangers, ainsi que l’offre de services de gestion de portefeuille et de conseil en investissement.
    Lombard Odier Investment Managers (« LOIM ») est un nom commercial.
    Ce document est fourni exclusivement à des fins d’information et ne constitue pas une offre ou une recommandation d’achat ou de vente d’une valeur mobilière ou d’un service. Il n’est pas destiné à être distribué, publié ou utilisé dans une juridiction où une telle distribution, publication ou utilisation serait illégale. Ce document ne contient pas de recommandations ou de conseils personnalisés et n'est pas destiné à remplacer des conseils professionnels au sujet d’investissements dans des produits financiers. Avant de conclure une transaction, l’investisseur doit examiner avec soin si celle-ci est adaptée à sa situation personnelle et, si besoin, obtenir des conseils professionnels indépendants au sujet des risques, ainsi que des conséquences juridiques, réglementaires, financières, fiscales ou comptables. Ce document est la propriété de LOIM et est adressé à son destinataire pour son usage personnel exclusivement. Il ne peut être reproduit (en partie ou dans son intégralité), transmis, modifié ou utilisé dans un autre but sans l’accord écrit préalable de LOIM. Ce document contient les opinions de LOIM à la date de publication.
    Ni le présent document, ni une copie de celui-ci ne peuvent être envoyés, amenés ou distribués aux États-Unis d’Amérique, dans l’un de leurs territoires, possessions ou zones soumis à leur juridiction, ou à l’attention ou dans l’intérêt d’un ressortissant américain (US Person). À cet effet, le terme « ressortissant » désigne tout citoyen, ressortissant ou résident des États-Unis d’Amérique, tout partenariat organisé ou existant dans un État, territoire ou possession des États-Unis d’Amérique, toute société de capitaux soumise au droit des États-Unis d’Amérique ou d’un État, territoire ou possession des États-Unis d’Amérique, ou toute propriété ou tout trust soumis à l’impôt fédéral des États-Unis d’Amérique, quelle que soit la source de ses revenus.
    Source des chiffres : sauf mention contraire, les chiffres sont fournis par LOIM.
    Bien que certaines informations proviennent de sources publiques réputées fiables, en l’absence de vérification indépendante, nous ne pouvons garantir leur exactitude et leur exhaustivité.
    Les avis et opinons sont exprimés à titre informatif uniquement et ne constituent pas une recommandation de LOIM pour l'achat, la vente ou la détention de quelque titre que ce soit. Les avis et opinions sont exprimés en date de cette présentation et sont susceptibles de changer. Ils ne doivent pas être interprétés comme des conseils en investissement.
    Aucune partie de ce document ne saurait être (i) copiée, photocopiée ou reproduite sous quelque forme que ce soit ou (ii) distribuée à toute personne autre qu’un employé, cadre, administrateur ou agent autorisé du destinataire sans l’accord préalable de Lombard Odier Funds (Europe) S.A. © 2020 Lombard Odier IM. Tous droits réservés.