Marché suisse du crédit : pleins feux sur l’inflation et les facteurs ESG

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Marché suisse du crédit : pleins feux sur l’inflation et les facteurs ESG

Markus Thöny - Head of Swiss Fixed Income

Markus Thöny

Head of Swiss Fixed Income
Philipp Burckhardt, CFA - Fixed Income Strategist and Portfolio Manager

Philipp Burckhardt, CFA

Fixed Income Strategist and Portfolio Manager
David Perez, CFA - Senior Portfolio Manager.

David Perez, CFA

Senior Portfolio Manager.

Nous examinons deux problématiques auxquelles les investisseurs sur le marché suisse du crédit sont confrontés actuellement. Alors que le débat mondial autour de l’inflation s’intensifie, comment nos stratégies suisses pourraient-elles bénéficier d’un biais structurel envers le risque de crédit ? Face à des analyses ESG incomplètes, comment dialoguons-nous avec les émetteurs suisses pour obtenir une meilleure vue d’ensemble ? 

 

Alors que la reprise de l’économie mondiale s’accélère, la hausse de l’inflation a déclenché un large débat pour déterminer si l’augmentation des prix se révélera transitoire ou durable. L’enjeu majeur à nos yeux est de savoir si les banques centrales réagiront à l’inflation en temps opportun et de manière appropriée. La Réserve fédérale américaine (Fed) a déjà avancé ses anticipations concernant le relèvement initial des taux américains à 2023, apaisant quelque peu la nervosité du marché. La Fed devrait donner des précisions sur le calendrier du « tapering » le mois prochain, mais nous mettons en garde sur la volatilité qui accompagne souvent ce type de communication et sur la possible réduction des achats d’actifs à l’avenir.  

Notre scénario central anticipe la poursuite de la reprise, associée à un ensemble de risques liés au variant Delta et à l’efficacité des vaccins, au redémarrage de l’économie, à la croissance de l’emploi, à la trajectoire de l’inflation et à l’efficacité des mesures de relance budgétaires. Difficile dans ces conditions de faire des prévisions. Bien que l’incertitude reste prononcée, les indicateurs de volatilité commencent seulement à intégrer les risques grandissants liés aux variants. Cependant, cela ne change en rien notre opinion selon laquelle les investisseurs sont persuadés que les mesures des banques centrales et des gouvernements seront efficaces.

 

Les développements au niveau mondial influencent l’inflation en Suisse

Le passé nous enseigne que les développements au niveau mondial sont susceptibles d’influencer l’inflation en Suisse. Les hausses de prix dans le pays sont en grande partie importées au travers du franc suisse, alors que l’inflation intérieure est contenue et n’a pas dépassé 0,5 % depuis plus de dix ans (voir figure 1). La Banque nationale suisse (BNS) continue de souligner que le franc reste « fortement valorisé », mais nous constatons qu’il s’est récemment déprécié par rapport à un panier de monnaies pondéré en fonction des échanges. Cependant, ce phénomène n’entraine pas encore une hausse des prix et rend la BNS susceptible de continuer à rester en-deçà de son objectif d’inflation de 2 %, conformément à ses propres prévisions d’inflation.

 

Figure 1. Inflation importée et inflation intérieure en Suisse

Swiss-Credit-domestic-v-imported_FR.png

Sources : LOIM, Bloomberg. A des fins illustratives uniquement. Données : mai 2021.

 

D’une manière générale, l’économie suisse s’est bien comportée. La pandémie n’a provoqué qu’un ralentissement minime du PIB et ce dernier s’accélère rapidement à l’heure actuelle. Cela étant, une contraction du PIB au deuxième trimestre conférera probablement à la BNS une plus grande confiance vis-à-vis de son objectif d’inflation de 3,5 % pour l’exercice complet.

Parallèlement, des interrogations entourent l’efficacité de ses outils. Les taux étant nettement ancrés en territoire négatif (-0,75 %), la BNS a fait le choix d’intervenir sur le marché des changes pour favoriser la dépréciation du franc. Or, la politique monétaire n’a jusqu’ici pas permis à la BNS d’atteindre ses objectifs, amenant les observateurs à se demander combien de temps elle pourra persister dans cette voie avant que l’équilibre risque-bénéfice ne change. 

Les craintes entourant l’inflation à plus long terme ou un calendrier ambigu sur le « tapering » aux États-Unis pourraient affecter les portefeuilles d’obligations libellées en CHF, notamment ceux qui présentent une duration longue. Pour un niveau de rendement donné au sein de nos stratégies suisses, nous préférons le risque de crédit au risque de taux en optant prudemment pour des obligations de moindre qualité. Cette préférence nous permet en outre de bénéficier de la corrélation historiquement négative entre les taux et les spreads, et d’atténuer le risque d’une position à duration longue susceptible d’être davantage exposée aux corrélations et aux développements au niveau mondial. 
 

L’engagement permet d’améliorer l’analyse ESG

La gestion du risque de duration et de crédit fait partie de notre approche globale de la construction de portefeuille qui vise à procurer un rendement1 lorsque celui-ci est difficile à obtenir, tout en respectant l’engagement de Lombard Odier IM en faveur de la soutenabilité. La soutenabilité fait partie de notre ADN et guide tout ce que nous entreprenons, de la façon de gérer les actifs de nos clients à la manière de diriger notre entreprise. L’une des priorités de l’équipe Obligations suisses est l’interaction avec les émetteurs, une approche qui revêt, selon nous, une importance majeure compte tenu des spécificités du marché suisse.

L’univers des obligations d’entreprise libellées en CHF comprend de nombreuses petites et moyennes entreprises, dont bon nombre ne sont pas cotées en bourse. Ainsi, les informations sur leur performance aux plans environnemental, social et de la gouvernance (ESG) sont souvent incomplètes. Les informations qu’elles communiquent sur des aspects tels que les émissions de carbone ou la consommation d’eau sont en général limitées. La couverture de ces entreprises par les prestataires tiers (tels que Sustainalytics, Inrate et Trucost) est elle aussi plus restreinte, si bien que moins d’informations sont généralement disponibles, nécessitant un engagement et une analyse supplémentaires. 

La figure 2, qui présente la couverture ESG de l’indice SBI investment grade pour les obligations d’entreprise, montre que seule une faible proportion du marché est couverte par les prestataires traditionnels comme Sustainalytics. Bien que certaines lacunes puissent être comblées à l’aide des données d’autres fournisseurs tels qu’Inrate, il reste difficile d’obtenir une vue d’ensemble, ce qui rend le dialogue direct avec les émetteurs essentiel.

 

Figure 2. Répartition de la couverture ESG de LOIM dans l’indice SBI AAA-BBBSwiss-Credit-ESG-coverage_FR.png

Sources : SIX, calculs de LOIM. Données au 30 juin 2021. 

 

Communication et responsabilisation

Nous cherchons à créer une couverture plus exhaustive en utilisant les données de Sustainalytics, d’Inrate et de Trucost (lorsqu’elles existent), que nous associons à notre analyse et notre démarche d’engagement pour accroître la précision de nos évaluations ESG et de soutenabilité. Les investisseurs obtiennent ainsi la meilleure vue possible. Notre interaction avec les émetteurs de moindre taille porte sur deux domaines principaux :

  • Encourager une meilleure communication et une plus grande transparence s’agissant des pratiques ESG à l’aide d’objectifs quantitatifs. Nous cherchons à entamer un dialogue ou à l’approfondir pour rendre les entreprises conscientes du besoin de communiquer pleinement sur leurs pratiques commerciales. Ce dialogue est mené sur une base collaborative et nous cherchons à apporter notre soutien et notre expertise dans les domaines de la soutenabilité et de l’investissement, et en tant qu’actionnaires actifs grâce à nos spécialistes en la matière.
  • Promouvoir une plus grande responsabilisation des entreprises et les inciter à publier des rapports réguliers sur la soutenabilité, accompagnés d’objectifs concrets. Cette démarche peut notamment consister à renforcer l’engagement de l’entreprise en faveur de la décarbonisation et de l’alignement sur les objectifs de température de l’Accord de Paris. Le schéma de notre politique d’actionnariat actif repose sur les principes Oxford Martin Principles for Climate-Conscious Investment, un référentiel qui nous permet de garantir que les entreprises ont compris et intégré dans leur stratégie et leurs pratiques les mesures requises pour la transition vers une économie à bilan carbone neutre.

Notre démarche d’engagement est motivée par notre conviction qu’il est essentiel de comprendre l’alignement des entreprises sur les enjeux émergents en matière de soutenabilité pour évaluer leur exposition au risque. Nous considérons également qu’apprécier cette exposition impose d’aller au-delà des indicateurs rétrospectifs. Les indicateurs prospectifs nous permettent de comprendre non pas le stade auquel l’entreprise se situe aujourd’hui mais la direction dans laquelle elle s’engage, ce qui nous aide à évaluer son aptitude à affronter l’avenir. 

Cela passe notamment par notre capacité à évaluer l’alignement de l’évolution des émissions des entreprises sur les trajectoires de décarbonisation concernées. Evaluer les progrès et les engagements affichés par les entreprises en matière de réduction des émissions de carbone nous permet d’identifier celles qui sont les mieux placées pour tirer parti de la transition climatique, ainsi que les risques particuliers et systémiques auxquels sont confrontées les entreprises qui n’ont pas compris l’urgence et la nature de la transition vers une économie zéro émission nette.

L’engagement auprès des émetteurs requiert un dialogue continu afin d’impulser un changement durable. Nous travaillons en partenariat avec les entreprises pour répondre aux enjeux et appliquer des solutions efficaces. 

Alors que la menace de l’inflation réapparaît pour la première fois depuis des décennies, le biais structurel envers le crédit que présentent nos portefeuilles suisses offre aux investisseurs une moindre duration pour un niveau de rendement donné qu’un portefeuille purement axé sur les taux. Nous privilégions le crédit pour les avantages qu’il procure en termes de rendement et de diversification, et soulignons la valeur ajoutée qu’apporte sa corrélation habituellement négative avec le risque de taux. Pour compléter notre approche globale, nous entretenons un dialogue actif avec les émetteurs suisses de plus petite taille pour améliorer notre analyse ESG et donner aux investisseurs la meilleure vue d’ensemble des perspectives et des pièges potentiels.

 

informations sur le compartiment.

LO Funds (CH) – Swiss Franc Bond

LO Funds (CH) – Swiss Franc Credit Bond

LO Funds (CH) – Swiss Franc High Grade Bond

Sources

 La performance et le risque cibles représentent un objectif de construction du portefeuille. Ils ne représentent pas les performances et les risques passés et peuvent dès lors ne pas être représentatifs des performances/risques futurs réels. Il ne peut être garanti que l’objectif d’investissement sera atteint ou que le capital investi générera des rendements ou qu’une perte importante sera évitée.

informations importantes.

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