Les consommateurs achètent et jettent beaucoup plus de vêtements qu’auparavant. Au début des années 2000, nous achetions environ moitié moins d’articles et les conservions deux fois plus longtemps. Aujourd’hui, c’est l’équivalent d’un camion rempli de textile qui est envoyé à la décharge ou est incinéré chaque seconde1,2.
L’explosion de la fast fashion3 s’accompagne d’un lourd tribut. Compte tenu de la pollution et des émissions qu’il génère, le secteur compte ainsi parmi les principaux responsables de la crise environnementale.
Chez LOIM, nous recherchons des opportunités d’investissement dans des modèles d’affaires circulaires qui contribuent à prolonger la durée de vie des produits et à réduire les déchets. Le recommerce de la mode, qui permet de réintroduire dans l’économie des vêtements de seconde main ou invendus au lieu de les éliminer, correspond pleinement aux thèmes d’investissement de notre stratégie Circular Economy et de notre stratégie de private equity Plastic Circularity.
Promouvoir la circularité
L’économie linéaire sur laquelle nous nous appuyons depuis la révolution industrielle épuise les ressources naturelles, aggrave le changement climatique et accélère la perte de biodiversité. La pression exercée sur les fabricants pour produire plus vite et à moindre coût contribue aussi à la détérioration des conditions de travail et à d’autres problèmes sociétaux.
Conscients de ces questions et confrontés aux difficultés économiques, les consommateurs (notamment les plus jeunes) sont de plus en plus nombreux à se tourner vers les plateformes proposant des articles de seconde main pour dénicher des vêtements et accessoires de qualité à des prix abordables. Le modèle de la revente profite également aux entreprises en leur apportant de nouvelles sources de revenus.
Selon les estimations, la taille du marché du recommerce de la mode pourrait d’ici 2030 être multipliée par plus de quatre et atteindre plus de USD 450 milliards. Ce dernier se développe plus rapidement que l’ensemble du marché de la mode avec des projections de croissance annuelle composée qui s’élèvent à au moins 15%, contre 3% pour la mode en général. La part du recommerce dans le secteur de la mode pourrait aussi fortement augmenter au cours des cinq prochaines années et passer de 5% à 18%4.
GRAPHIQUE 1. Projection de la taille du marché du recommerce jusqu’en 2030 (en milliards d’USD, valeur nominale)3
Des modèles d’affaires intéressants
Les modèles d’affaires fondés sur la revente dans le secteur de la mode incluent des plateformes grand public de type pair-à-pair, telles que Vinted et Depop à des acteurs spécialisés dans les vêtements et accesoires de luxe de seconde main, tels que Vestiaire Collective5.
En 2021, Vestiaire Collective est devenue la première licorne française (une start-up en mains privées valorisée au-delà de USD 1 milliard) fondée par des femmes. Cette même année, la société est également devenue la première plateforme de revente d’articles de mode à obtenir la certification B Corp™ (fondée en 2009, Vestiaire a banni les marques de fast fashion de sa plateforme).
Le segment des produits de luxe se prête particulièrement bien aux transactions d’articles de seconde main, étant donné que leur qualité les rend souvent plus durables. Le recommerce permet aux consommateurs qui le souhaitent d’accéder à des marques qui leur seraient autrement hors de portée. Pour les maisons de luxe, c’est également une façon d’élargir leur audience et de renforcer la fidélité à la marque.
Moteur de croissance
Le recommerce pourrait se convertir en un moteur de croissance important pour les enseignes de mode plus établies. Certains signes montrent que l’expansion du marché de la seconde main change les pratiques des marques de mode traditionnelles, qui font l’objet de critiques grandissantes au sujet de leur empreinte carbone élevée (voir graphique 2).
Bien qu’elles représentent toujours un pourcentage relativement faible du total de leur chiffre d’affaires, les ventes réalisées sur les plateformes d’articles de seconde main ont tendance à augmenter plus rapidement que les ventes traditionnelles. Des entreprises comme Zara (Groupe Inditex) et la marque de chaussures Allbirds4 ont ajouté des services de revente ou de retouche à leurs sites Internet. D’autres associent des programmes de recommerce à des mesures incitatives pour les clients, telles que des bons d’achat en échange du retour d’articles usagés.
GRAPHIQUE 2. Le nombre de marques de mode disposant de programmes de revente a explosé en 20225
Le marché de la seconde main connaît aussi son lot de difficultés. De nombreux consommateurs peuvent par exemple se montrer réticents à l’idée d’acheter des articles sans pouvoir les essayer et sont souvent découragés par des politiques de retour complexes ou restrictives.
Toutefois, le recommerce pourrait bientôt atteindre un point de bascule. Sa croissance accélérerait alors avec l’augmentation des stocks disponibles et l’amélioration de l’expérience d’achat grâce aux technologies numériques.
L’opportunité d’investissement
Le recommerce dans le secteur de la mode est un élément clé de l’économie circulaire. Il vise à prolonger la durée de vie des produits, à éviter leur mise en décharge et à réduire la pression sur des ressources limitées.
Les retombées économiques positives qu’offre la circularité pour les entreprises et l’intérêt croissant des consommateurs pour la durabilité offrent une opportunité d’investissement sur les marchés des titres cotés et non cotés.
Le recommerce fait partie de l’économie axée sur les résultats, l’un des principaux thèmes de notre stratégie Circular Economy. Il est également aligné avec notre stratégie de private equity Plastic Circularity, qui met l’accent sur les solutions novatrices visant à réduire les déchets plastiques et les émissions de gaz à effet de serre dans la chaîne de valeur du plastique. Les investissements portent notamment sur les entreprises s’appuyant sur de nouveaux modèles d’usage permettant de prolonger la vie des produits grâce à la réutilisation.